246. Chun Ki-Won: South Korean Minister saves North-Koreans' lives
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  Name : Le Journal du Dimanche Date : 2019-06-15 오후 3:15:19

12h38 , le 9 juin 2019
Par Karen Lajon
envoyee speciale a Seoul(Coree du Sud)

PORTRAIT - Apres avoir embrasse la foi chretienne, Chun Ki-Won, 63 ans, est devenu pasteur et fonde la mission Durihana qui vient en aide aux desesperes de la Coree du Nord.
A PORTRAIT - After embracing the Christian faith, Chun Ki-Won, aged 63, became a Pastor and founded Durihana Ministry which helps desperate refugees of North Korea.


Le pasteur Chun Ki-Won. (DR.)

Il a eu son heure de gloire dans les médias. Puis, les apparitions se sont espacées. D'autres ont pris le relais, ont fait parler d'eux, plus bruyamment. Pourtant, le pasteur Chun Ki-Won n'a jamais cessé. Cesser de sauver des vies. Celles de Nord-Coréens assez courageux ou fous pour fuir la dictature de la lignée des Kim Jong. Ce jour-là, le révérend est assis sur un canapé, dans les locaux de son église, à Séoul. Les coupures de presse encadrées qui habillent les murs de la pièce, témoignent de sa foi et de son obstination.
He had his moment of glory in the media. Then, visibility and notoriety lessened. Other groups made themselves known and took over, with a lot more noise. Yet, Pastor Chun Ki-Won never stopped. He never quit saving lives. Lives of North Koreans insanely brave enough to escape the dictatorship of the Kim Jong lineage. Today, the Pastor is sitting on a couch in the offices of his Church in Seoul. Framed clippings that adorn the walls of the room testify to his faith and persistence.

Mais lui, ce qu'il préfère, c'est ce petit sac en plastique gris à l'allure barbouillée par de multiples manipulations, et qu'il garde précieusement sur un coin de son bureau déjà bien encombré. Il détient la vérité, celle qui se passe de l'autre côté, chez le voisin nord-coréen, là où la folie a pris le pas depuis longtemps sur une idéologie socialiste qui, paraît-il, voulait le bien d'un peuple.
One of his treasured belongings is a small grey and well-worn plastic bag that he preciously keeps within eyesight on a corner of his already cluttered desk. It holds the truth, the truth of is happening on the other side of the border, the North Korean neighbour, where madness has long ago overtaken a socialist ideology that supposedly wants nothing more but the good of the people.

Deux manuels scolaires, outils de propagande
Two textbooks: propaganda tools

Que contient ce sac? Des trésors d'un autre temps? Non, le pasteur Chun de la mission Durihana, est catégorique. “Ils sont encore distribués dans les écoles aujourd'hui.” Ce sont des manuels scolaires. L'un enseigne les mathématiques ; l'autre, la musique. L'un de couleur jaune symbolise l'été, l'autre avec une cabane sous la neige et sur fond vert, représente l'hiver. Les livres lui ont été donnés par un élève de primaire, il y a quelques années et ils seraient donc encore d'actualité.
But what does this grey bag contain? Are they treasures from another time? No, Durihana Ministry’s Pastor Chun Ki-Won is emphatic. “These are still being distributed in schools today.” They are school books. One teaches mathematics; the other, music. One with a yellow cover symbolizes summer, the other portraying a cabin covered with snow and a green background represents winter. These books were given to him by a primary school student a few years ago, and today they would still prove to be pertinent and in use.


Des manuels scolaires, outils de propagande.(DR.)

Les maths ressemblent aux nôtres. Addition, multiplication et division. Mais en Corée du Nord, on se fiche un peu des nombres, on préfère les symboles. Tant de soldats américains tués soustraits, divisés ou additionnés aux morts nord-Coréens. L'important, c'est de marteler qu'un Américain mort relève de la bonne réponse. Pour la musique, c'est un peu le même refrain. On voit une charmante fillette entonner une chanson avec des paroles qui en disent long. “Allons tuer les Japonais ou encore que l'Amérique aille se faire voir.”
The Maths resembles ours: Calculus, multiplication and division. But in North Korea, symbols are preferred to numbers. How many American soldiers were killed and subtracted, divided or added to the North Korean dead. What matters is putting emphasis on a dead American, and that would be the correct answer. As for music, it's a bit of the same refrain. A lovely girl is singing a song with words that speak volumes. “Let's go kill the Japanese or let America go and take a long hike off a short pier.”

≪J'ai grandi avec cette idée que nos voisins n'étaient pas des humains mais des créatures de l'enfer≫
I grew up with the idea that our neighbours weren’t humans, but creatures of hell.

Le pasteur contemple ces deux ouvrages, avec la même tristesse effarée que lorsqu'il les a eus en main, la toute première fois. Ils sont la preuve vivante de la lutte, du combat qu'il mène depuis les années 1990 contre le régime de Pyongyang. Il a aidé plus d'un millier de fugitifs. Ensemble, ils ont souvent traversé la Chine, le Laos, la Mongolie ou la Thaïlande. Le combat de toute une vie. Seul. Même sa famille, ses enfants, se moquent du destin des Nords-Coréens. “Qui prendra la relève lorsque je ne pourrai plus”, murmure-t-il. Pasteur Chun range ces trésors de propagande honnie dans ce sac vénéré. Il sait qu'il les montrera encore et toujours. Ils sont pour lui la Vérité d'une dictature implacable faîte de folie et de cruauté. Qu'il faut combattre jusqu'au dernier souffle. Le sien.
Pastor Chun Ki-Won scrutinises these two alarming works, with the same frightened sadness when he had them in hand for the very first time. They are living proof of the struggle and the fight he’s been waging since the 1990s against the Pyongyang regime. He has helped more than a thousand fugitives. Together, they oftentimes crossed China, Laos, Mongolia or Thailand. It’s been the fight of a lifetime undertaken alone at that. Even his family and his children could not care less of the fate of North-Koreans. “Who will take over when I can no longer do it,” he murmurs. Pastor Chun Ki-Won puts these treasures of hated propaganda in their proper place in this precious bag. He knows that he will show them again and again. To him they are the truth of an implacable dictatorship birthed from insanity and cruelty. It must be fought until the last breath, even his very own.

Le déclic : le cadavre d'une femme
The Trigger: the corpse of a woman

Rien ne prédestinait Chun à un tel destin. Il est né dans le sud-est de la Corée du Sud, dans un petit village où lorsqu'il était enfant, il n'y avait ni eau, ni électricité. Jamais le sort des voisins nord-Coréens n'est évoqué dans la maisonnée qu'il qualifie de classe-moyenne. “J'ai grandi avec cette idée que nos voisins n'étaient pas des humains mais des créatures de l'enfer.” D'ailleurs ses débuts dans la vie, lorsqu'il quitte ses parents, sont ceux d'un petit businessman ordinaire qui tente de faire des affaires avec la Chine. “Je m'étais rendu à Hunchun, dans le nord du pays avec pour ferme intention d'ouvrir un petit hôtel. J'avais loué une voiture avec chauffeur et puis en chemin, je me suis rendu compte qu'au niveau de Juche Tower, on apercevait la frontière nord-coréenne. J'ai descendu la colline afin de prendre une photo.”
Nothing ever predestined Pastor Chun Ki-Won to such a destiny. He was born in south-eastern South Korea, in a small village which had no water or electricity when he was a child. The fate of North Korean neighbours was never brought up in the household which he describes as being middle-class. “I grew up with the idea that our neighbours were not humans but creatures of hell.” The early beginnings of his professional life when he leaves his parents’ home are those of a small and ordinary businessman who tries to do business in China. “I went to Hunchun in the northern part of the country, intending to open a small hotel. I rented a car with a driver, and then on the way I realized that at Juche Tower we could see the North Korean border, so I went down the hill to take a picture.”

Mais il tombe sur une paire de chaussures. Bizarrre. Elles semblent attachées à quelque chose. En réalité, ce quelque chose est un corps de femme. “Le cadavre était rigide et tout le monde s'en fichait. Le chauffeur m'a dit qu'elle venait sûrement de la Corée du Nord. Il y en avait plein qui essayaient par ici et qui mourraient. Il semblait complètement indifférent à cet état de fait”. Plus tard, un documentaire sur la vie du révérend sera tourné et il s'intitulera The Frozen Lady, en mémoire de cette personne, inconnue.
Then he trips on a pair of shoes. How odd. They appeared attached to something. In reality, this “something” was a woman's body! "The body was rigid and no one cared, the driver told me that she was probably from North Korea, and there were a lot of people dying while trying to cross over here, that it was simply “a matter of fact”. At a later date, a documentary of the life of Pastor Chun Ki-Won will be made and titled “The Frozen Lady”, in memory of this person, unknown, abandoned and unburied.

Une vie de James Bond
A life of James Bond

Quelques jours plus tard, une autre scène fondatrice. Il se trouve à la gare. Des enfants traînent et mendient. Il les prend pour des Sud-Coréens. Il leurs jette quelques pièces. Mais des policiers chinois surgissent immédiatement et les frappent avec des bâtons. Une petite fille est même lourdement blessée à l'oreille. Chun découvre les “kotjebi” (les orphelins de Corée du Nord). Au même moment, au marché, une femme hurle alors qu'elle est en train de se faire kidnapper par des gars surgis de nulle part. “Là encore, j'ai demandé à mon chauffeur. Il m'a répondu : 'Ce n'est pas illégal de kidnapper des Nord-Coréennes en Chine parce qu'elles n'ont aucun papier.'”
they were South Koreans. He threw a few coins to them. But out of nowhere Chinese policemen emerged, hitting them with sticks. A little girl got heavily injured on the ear. Chun then discovers the meaning of “kotjebi” (the orphans of North Korea). At the same time in the marketplace, a woman was screaming that she is being kidnapped by guys darting out of nowhere. “Again, I quizzed my driver and he replied, 'It is not illegal to kidnap North Koreans in China because they are without papers.'”

≪Je me suis retrouvé avec deux personnes à faire sortir en ayant pas le début d'une idée de comment faire≫
I ended up with two people to smuggle out with no idea whatsoever in how to accomplish it.

Ce sera la révélation pour Chun qui, une fois rentré au pays, se convertit au christianisme, devient le Pasteur Chun et fonde l'église Durihana. Désormais, lorsqu'il retourne dans l'Empire du Milieu, c'est pour prêcher la bonne parole du Christ. Ce sont deux corps sans vie, des orphelins à la gare de Tuen et une femme qui hurle sa douleur qui le font de nouveau basculer. “Avec mon équipe, nous avons essayé de la sauver en payant une rançon d'environ 300 dollars mais tandis que nous discussions le tarif, elle a disparu. Tout ressemblait à un scénario de film.” Il ne sait pas encore que sa propre vie va prendre des allures de James Bond. Parce qu'il a trouvé sa voix, il va sauver des gens. Il sera passeur.
This will be a revelation to Pastor Chun Ki-Won who, once returned home, converted to Christianity, became Pastor Chun and founded the Durihana Church. From this point forward, when he returns to the Middle Kingdom, it is to preach the Gospel of Jesus Christ. There is the figure of two dead bodies, the orphans at Tuen station, and a woman screaming out in her pain that shock him, motivating him to action. “My team and I were trying to save her by paying a ransom of about $300, but while we were discussing the price, she disappeared - it all felt like being part of a movie script.” He is not yet aware that his own life will look like James Bonds’. Because he has found his destiny, he will help save people. He will become a people smuggler.

Son premier sauvetage a lieu dans les années 2000. Il fait la connaissance d'un transfuge dont la mère est coincée en Chine. Il ne désespère pas de la faire venir. Il s'adresse au pasteur. “Je lui ai dit, oui, sans imaginer une seule seconde dans quoi je m'embarquais.” Grâce à un donateur, il réunit la somme nécessaire pour payer le “broker” (intermédiaire) et le transport. Et puis un autre transfuge se manifeste. Il vit à Hong-Kong. Sa fille se trouve en Chine, il veut la faire venir. “Voilà, je me suis retrouvé avec deux personnes à faire sortir en ayant pas le début d'une idée de comment faire. Alors, je suis allé en Chine, j'ai acheté une carte, trouvé une route via le Cambodge et le Vietnam. J'ai réussi et quand je l'ai expliqué aux autorités de mon pays, ils m'ont accusé de mentir. 'Impossible, ont-ils dit, la route entre la Chine et le Vietnam est truffé de policiers et de cobras. Celle entre le Vietnam et le Cambodge de mines.'” Pour la plupart des gens, cette fuite réussie relevait de la chance, pour lui, elle est apparue comme un signe de Dieu. “Plus tard, j'ai accompagné vingt Nord-Coréens via le désert de Mongolie. C'était devenu ma priorité numéro 1.”
His first rescue occurred at the beginning of the year 2000. He met a defector whose mother was stuck in China. He did not despair of bringing her here. He contacted the Pastor. “I told him, yes, without imagining a single second what I was getting myself involved in.” All of this thanks to a donor who gathered the necessary sum to pay the middle-man and transportation. Then another defector identified himself. He lived in Hong Kong. His daughter was in China, and he wanted for her to come to Hong Kong. “This is how I ended up with two people to smuggle out, with no idea of how to do it, so I went to China, bought a map and found a way through Cambodia and Vietnam. After I succeeded at it, I explained it to the authorities in my country and they accused me of lying. “Impossible, they said, the road between China and Vietnam is riddled with police and cobras. Then between Vietnam and Cambodia there are countless mines.'” For most people, this successful escape was lucky, but for him, it was the confirmation of a sign from God. “Later on, I guided twenty North Koreans through the Mongolian desert. It had become my number one priority.”

Les femmes plus nombreuses que les hommes à quitter la Corée du Nord
More women than men leave North Korea

“Il est vrai que depuis deux ou trois ans, le nombre de gens qui fuyait la Corée du Nord avait tendance à diminuer, concède le pasteur. Mais depuis le début de 2019, le chiffre est reparti à la hausse. On associe cet changement à Kim Jong-un. Et au fait que les habitants connaissent de plus en plus ce qui se passe à l'extérieur des frontières.” On compte quelques 32.000 transfuges de Corée du Nord. A une époque encore récente, cela correspondait à quelques 2.000 arrivées par an. Ce n'est en effet plus le cas.
“It's true that in the past two or three years, the number of people fleeing from North Korea has seemed to decline,” says the Pastor, but since the start of 2019, the number is rising again. This change is linked to Kim Jong-un and the fact that people are increasingly aware of what is happening outside of their borders.” There are approximately 32,000 defectors or more from North Korea. Up until recently, this was equivalent to around 2,000 arrivals per year. But this is indeed no longer the case.

≪Maintenant, tout transite par la Chine≫
Now, everything goes through China.

Ji-yoon Lee, coordinatrice chez “Alliance for Northern Korean Human Rights, le confirme : “Le chiffre est en baisse. Les femmes constituent à 80% le groupe de Nord-Coréens qui fuient désormais le pays. Malheureusement, elles échouent souvent en Chine où des passeurs leurs promettent des mariages fantastiques avec des citoyens chinois. En réalité, elles se retrouvent souvent dans le fin fond du pays, sans papier, souvent séparées de leurs enfants et dans l'impossibilité absolue de se défendre et et encore moins de s'enfuir à nouveau.”
Ji-yoon Lee, coordinator at the Alliance for Northern Korean Human Rights, confirms it: “The figure is down. Women consist of 80% of North Koreans currently fleeing the country. Unfortunately, they often fail once in China where smugglers promise them fairytale marriages with Chinese citizens. In reality, they are more likely to be found in the far end of the country, without papers of identification, oftentimes separated from their children and in absolute impossibility of defending themselves, even less to flee again from an abusive situation.”

La mission du pasteur Chun a ainsi évolué. Il n'est plus celui qui franchit les frontières et accompagnent les fuyards pour les guider vers la liberté. “J'utilise des 'brokers' qui négocient les prix avec les passeurs. C'est devenu un véritable business. Avant, on pouvait même aller chercher les gens directement, en Corée du Nord. Maintenant, tout transite par la Chine.” Les fugitifs s'y installent désormais souvent. Parfois, contraints, comme les femmes. “La société chinoise a beaucoup changé, poursuit le pasteur, tout est digital, et ces femmes n'ont aucune identité, ne peuvent même pas acheter un téléphone, elles sont donc prisonnières mais dans un autre pays.”
Pastor Chun's mission has evolved. He is no longer the one crossing borders accompanying fugitives and guiding them towards freedom. “I use brokers who negotiate prices with smugglers. It's become a business in the true sense. At one time you could even help people directly from within North Korea, now everything goes through China.” At present, fugitives settle right there quite often. Sometimes they are restricted, as women are." Chinese society has also changed quite a bit, the Pastor says, everything is digital, and these women have no identity, they cannot even buy a phone, so they are still prisoners, only in another country.”

Le “choix de Sophie”
“Sophie's choice”

Le coeur de la mission a par conséquent également bougé. Désormais, Durihana s'occupe de l'intégration des Nords-Coréens, en Corée du Sud. Elle accueille une soixantaine d'enfants (8 à 18 ans) que les équipes volontaristes du pasteur se chargent d'éduquer, soigner et d'abriter. La mission se compose de trois corps de bâtiment. L'un d'entre eux, situé à quelques encablures de l'église et des bureaux, a été transformé en habitation. On compte huit lits superposés. Ce jour-là, Esther Park, une jeune Canado-Coréenne, tente de convaincre les adolescentes qui se sont enfermées dans leur chambre de bien vouloir ouvrir.
Naturally the purpose of the mission has also changed. Currently, Durihana Ministry deals with the integration of North Koreans in South Korea. It houses approximately sixty children (8 to 18 years) that the Pastor's volunteer teams are responsible for in the ways of educating, caring and sheltering. The mission consists of three building bodies. One of them, located close to the Church and offices, has been transformed into housing. There are eight bunk beds. Today, Esther Park, a young Canadian-Korean, is trying to convince teenage girls who have locked themselves in their room to open the door.

“La porte ne doit jamais être verrouillée”, glisse-t-elle, en souriant et vaguement inquiète. Finalement, une jeune fille de 16 ans, un peu ronde et très mécontente de devoir lâcher sa console, finit par glisser une tête. On apprend que la demoiselle emplie de colère, a été lâchée par sa mère qui a dû choisir entre elle et un mari, une fois arrivée en Chine.
“The door must never be locked,” she says calmly, smiling and vaguely concerned. Finally, a girl aged 16, a little heavy set and very upset at having to let go of her console, showed her face. We learned that the very upset young lady is enraged, because she was let go of by her mother who was forced to choose between her and a husband, once having arrived in China.

≪Les femmes sont souvent obligées de choisir : quel enfant vont-elles laisser derrière elles?≫
Women are often forced to choose: which child will they leave behind?

Esther Park confirme que dans beaucoup de cas, il y a une histoire tragique, un double abandon, un côté “choix de Sophie”. “Les femmes sont souvent obligées de choisir : quel enfant vont-elles laisser derrière elles, parce incompatibles avec une nouvelle vie en Chine.” Une autre ado passe le seuil de sa chambre. Le côté droit de son visage est traversé d'une grande balafre. “Le compagnon de sa mère, un Chinois, avait essayé de la tuer”.
Esther Park confirms that in many cases there is a tragic story, a double abandonment, a “Sophie's Choice” side to consider. “Women are often forced to choose: which child will they leave behind, because of being in the way of a new life in China, which qualifies them as incompatible or unsuited for the future.” Another teenager enters her room. The right side of her face was slashed with a knife and now her cheek shows a large scar. “The companion of her mother, a Chinese man, had tried to kill her.”

Destins fracassés, brisés, en miette, ces enfants ont du mal à s'adapter. Tout est difficile. Et les Sud-Coréens ne les accueillent plus autant avec enthousiasme. Et lui le pasteur Chun, croit-il encore en sa mission? Il sursaute. “Oui! Quand j'étais jeune, j'étais naïf, c'est sûr. Maintenant, j'ai une meilleure idée de ce que veut dire tout ça mais j'ai l'intime conviction d'être encore dans le vrai, le juste. J'ai été appelé par Dieu pour cette mission.” A 63 ans, celui qui a la coquetterie de mettre ses lunettes le moins souvent possible, se ronge pourtant les sangs. En août prochain, le propriétaire des lieux les met dehors, dans le cadre de la gentrification du quartier. Il a moins de deux mois pour trouver de nouveaux locaux sinon les enfants qu'ils accueillent, seront une nouvelle fois abandonnés.
Shattered destinies, broken and crumbling lives, these children have great trouble adjusting. Everything is difficult. And today South Koreans don’t welcome them as enthusiastically as before. And what about Pastor Chun, does he still believe in his mission? He’s startled. “Yes, when I was young, I was naive, it’s a given. Now I have a better idea of what all that means and entails. But I hold firmly to the deep conviction that I'm still in the right, the Truth, that I was indeed called by God for this one-of-a-kind mission.” At age 63, Pastor Chun who prefers not to put on his glasses except as little as possible still feels raw at the core. Next August 2019, the owner of the buildings that houses this ministry will throw them out on the pavement, as part of the gentrification remodelling of the neighbourhood. He’s got less than two months to find new premises against the possibility that the children, who are welcomed there for the time being, might be abandoned, once more.